Modes et littérature

« Comme la peinture, la littérature est dépositaire d’une mémoire du costume, d’une histoire du vêtement. Mais contrairement à la peinture, destinée par son médium à la consignation et à la description, la littérature a la possibilité de débattre plus en détail de l’aspect social du vêtement et particulièrement de sa manifestation la plus générale qu’est la mode. »
Introduction de Mode et contre-mode, textes présentés par Abigail S. Lang, chez Institut français de la mode – Regard

Dans cette série d’articles, je vous proposerai des citations d’auteurs célèbres, essentiellement français, extraites de textes parus de 1494 à 1978.

Ces textes ont surtout pour but de vous divertir, mais ils prouveront la permanence de certains comportements et jugements au cours des siècles, l’importance de ce sujet d’apparence futile.

La mode naît lorsque le vêtement ne se réduit plus à ses vertus protectrices, thermiques et de parade sexuelle : elle est politique dès sa naissance. La mode n’est possible qu’à partir du moment où il y a une cité, une vie urbaine, une masse organisée et où l’économie de la survie cède la place à celle du superflu et du luxe, conditions réunies à une vaste échelle à l’époque de la Renaissance.
C’est dans un contexte urbain que peut émerger la dialectique sociale fondamentale de la mode : se fondre dans la masse ou sortir du lot, disparaître ou apparaître. Selon les époques, les auteurs préconisent de suivre l’autorité de la mode ou d’âtre soi-même l’auteur de sa propre mode.

En ce qu’elle touche les vêtements, les maquillages et les coiffures, la mode régit la surface de contact entre soi et les autres. C’est dans cette surface, o la fois zone d’échange et support de l’apparence, que se noue et se joue le paradoxe de la mode frivole et pourtant sérieuse, superficielle et pourtant capitale. Cette seconde peau entre soi et les autres est à la fois une carapace qui protège l’individu de l’extérieur et une « sécrétion » qui lui permet d’exprimer son intérieur, de donner à lire des signes, véridiques, fictifs ou mensongers.

Enfin, les textes nous montrent que la mode a un rapport particulier au temps.
Plus encore que l’architecture et la décoration, c’est la mode vestimentaire qui nous donne le sentiment d’une époque passée, qui nous permet de dater infailliblement une image ancienne. Ce plaisir du passé explique le succès des modes « retro » ou « vintage », qui souligne un trait constitutif de la mode qui est de « faire du neuf avec du vieux ».
La mode entretient un rapport tout aussi fort à l’avenir. Avant de se réaliser, les modes vivent dans les prévisions des rédactrices, dans l’imaginaire des lanceurs de mode. Ce mode futur, c’est celui du désir.
Quant au temps présent, la mode pourrait lui donner un goût, une saveur, quelque chose de sensuel. Mais en mode aussi, le goût du jour est réduit par le démodé et la nouvelle tendance.
C’est son rapport au temps qui fait de la mode un objet indéfinissable.

Mais au travers de ces textes, est-il possible de faire apparaître une définition de la mode, par essence inconstante ?

A découvrir au fil des articles de la rubrique…

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